19 octobre 2008
BJORN MOBACK : LE NU VENU DU NORD
Arrêtons nous un instant sur le travail de Bjorn Moback, photographe suédois mais aussi enseignant dans le secondaire à Göteborg. Ses photos de nus sont brutes comme le gros grain utilisé : sans concessions et naturelles. Les femmes prisent sont loin des canons de beauté traditionnels : elles sont, peut être, notre voisine, notre tante, notre mère, notre soeur : la femme de tous les jours, dans son universel nudité.
Galerie >>> www.photo.net/photodb/folder?folder_id=415184
14 octobre 2008
WILHELM VON PLUSCHOW
Le XIXe siècle est indéniablement le siècle de la photographie. La photo donne naissance à ce que nous appelons un "art instantané", immédiat. Plusieurs artistes du temps, dont beaucoup d'Allemands, s'intéressent à cet art nouveau, au nombre desquels on compte Wilhelm von Plüschow (1852-1930).
Ayant longtemps vécu à Naples et à Rome (à partir des années 1890 jusqu'en 1910), von Plüschow s'installe comme photographe réalisant à l'occasion des portraits, des photos de famille ou des "photos-reportages" locales. Parallèlement, il photographie de nombreux nus masculins et féminins dont les postures rappellent immédiatement les oeuvres des peintres de la Renaissance ou de la période néo-classique. Wilhelm von Plüschow va réaliser de nombreux clichés, aidés en cela par son assistance Vincenzo Galdi ou encore son cousin Wilhelm von Gloeden (que nous étudierons dans un autre article). Plüschow se fait remarquer par la très sérieuse London Royal Photographic Society en 1893, laquelle cite ses travaux dans sa revue annuelle.
Cependant, dans une société italienne aux moeurs extrêmement conservateurs, Plüschow va connaître de nombreux déboires judiciaires avec ses modèles, souvent mineurs (eh oui, déjà à cette époque...), ou encore pour ses accointances artistiques et homosexuelles (dont le baron Jacques d'Adelswärd-Fersen) qui font scandales et lui valent huit mois de prison en 1902. En 1907, Plüschow affronte une nouvelle fois les foudres de la justice italienne (il est accusé d'avoir eu "des relations sexuelles avec un jeune garçon de douze ans", selon le rapport judiciaire pour une photo prise du garçon). En 1910, il décide de quitter l'Italie définitivement pour rentrer à Berlin où il décède le 3 janvier 1930, sans qu'on lui connaissance d'autres travaux pendant la période post-italienne.
Aujourd'hui enfin, on s'accorde à reconnaître l'indéniable talent du photographe allemand, indépendamment de ses préférences sexuelles ou de ses démêlés judiciaires. Pour preuve, plusieurs expositions et livres lui ont été consacrés, à lui et à son cousin von Gloeden.
13 octobre 2008
EMILE BAYARD ou LE NU ESTHETIQUE
Illustrateur de talent et de génie, Emile Bayard (1837-1891) est par contre peu connu pour son travail photographique, regroupé dans son ouvrage Le Nu Esthétique, paru en octobre 1902. Nous vous présentons deux des photos les plus célèbres de l'artiste, lesquelles s'inscrivaient alors dans la volonté de faire des oeuvres artistiques d'après nature.
07 octobre 2008
ELINOR CARUCCI
Photographe israélienne résidant à New York, Elinor Carucci débute sa carrière à l'âge de 15 ans. Rapidement, elle réalise ses premières expositions photos à Haïfa, Londres et Francfort ou dans des expositions publiques et collectives telles qu'à Brooklyn ou Houston.
La série de photos présentée, extraite d'une série intitulée "Crisis and Pain" a été réalisée "lors d'un mauvais passage dans ma relation avec mon mari, Eran" explique-t-elle. Elinor Carucci ajoute que ces photos lui ont permis de prendre du recul dans l'appréhension de sa relation conjugale, voire même ont été utiles à leur rapprochement. Dans le même temps, Elinor illustre ses douleurs subies au dos dans des photos intitulées "pain" (douleur). L'artiste s'attache à démontrer que les douleurs physiques et émotionnelles sont intimement liées.
Traitement ou défouloir, miroir ou vitre sans teint, les photos de Elinor Carucci sont un pan de la vie de l'artiste, nourries des difficultés ou des douleurs de celle-ci. Même s'il existe une composition, la lumière presqu'à nue confère aux photos une dureté facilement palpable...
05 septembre 2008
THOMAS EAKINS OU LA VERITE NUE OPTIQUE
Thomas Eakins est né le 25 juillet 1844 à Philadelphie. Très jeune, Eakins s'intéresse à tous les sports de son temps. C'est sans doute de cet amour du sport que lui viendra ses connaissances anatomiques futures. Elève aux Beaux-Arts à Paris, il devient l'élève de Jean-Léon Gérôme et de Léon Bonnat, entre 1866 et 1870. Très rapidement, Eakins s'intéresse à la peinture réaliste. Il voyage en Espagne puis aux Etats-Unis où il débute réellement sa carrière artistique. Apôtre de la vérité optique, Eakins délaisse progressivement la peinture pour la photographie. En 1882, il devient professeur aux Beaux-Arts de Philadelphie, école qui se fait remarquer pour son "avant-gardisme", tant pictural que photographique.
Les nus de Eakins, tant en photographie qu'en peinture, prennent leurs origines à l'époque où il étudie à Paris. Après avoir "subi" l'orientalisme de son maître J-L Gérôme, Thomas découvre aussi le mouvement impressionniste. La vision des corps quasi dénudés, tirés d'histoires légendaires, mythologiques ou encore bibliques, va fortement influencé l'artiste. Il écrit, d'ailleurs, à son père en 1868 : "Elle [la nudité féminine] est la plus belle chose qu'il y ait dans ce monde, excepté la nudité masculine..." Pour Eakins, la nudité masculine est donc la plus belle (ou la plus parfaite). En celà, il semble avoir été grandement influencé par l'art grec antique. John Updike écrit à ce sujet que "la nudité et la vérité sont reliées de manière très proches dans son esprit." (The ache in Eakins, page 80 - Alfred A. Knopf, 2005)
Cependant, pour gagner sa vie, Thomas Eakins se fait portraitiste et réalise les portraits de plusieurs commanditaires de la grande bourgeoisie américaine de Pennsylvanie. En 1878, il devient professeur à l'Académie de Pennsylvanie. Loin des méthodes classiques d'apprentissages en matière d'anatomie, Eakins pousse ses élèves à dessiner de manière réaliste et sans détour leurs sujets. Puis, il encourage l'emploi de la photographie. Sa nomination à la direction de l'Académie va grandement faciliter l'introduction de la photographie dans l'Ecole et Philadelphie sera la seule institution au monde, pendant près de cent ans, à faire étudier la photographie à ses élèves.
De g. à d. : Etude du mouvement humain - Etudiants luttant nus - Garçon dans l'atelier
Mais l'avant-gardisme artistique de Eakins va plus loin : il considère que les femmes ont les mêmes "privilèges" que les hommes. Il autorise et encourage la présence d'élèves féminins lors de cours de peintures avec un modèle masculin nu (ou presque !). A une élève, Amélie van Buren, qui lui demande comme fonctionne le pénis, Thomas Eakins l'invite à son studio, se déshabille devant la jeune femme et lui donne "une explication là où seuls les mots n'auraient pas suffi" !!!
En photographie, Eakins va rapidement utiliser la caméra pour étudier le mouvement séquentiel, disséquer les mouvements et les gestes du corps humain, utilisant abondamment la nudité masculine à ces effets. A partir de 1883, Eakins fait poser ses élèves, hommes ou femmes, séparemment ou ensemble, des membres de sa famille, lui-même avec des élèves féminines... Dans une société bourgeoise largement conservatrice, le formidable travail artistico-anatomoque de Thomas Eakins commence à faire jaser, à agacer, voire carrément scandaliser. Provocateur, progressiste de génie, visionnaire avant l'heure, Thomas Eakins fascine et répulse selon sa condition et ses opinions.
Thomas Eakins portant une de ses élèves dans son atelier (1884)
Ses nus sont (beaucoup) trop réalistes pour un certain public et même parmi ses confrères. En 1884, son tableau The swimming hole est refusé à une exposition de peinture à Philadelphie : les nudités masculines représentées sont trop réalistes et la proximité des sujets masculins entièrement nus choque : sans jamais citer le qualificatif d'homosexualité, c'est pourtant bien ce qui est silencieusement reproché à Eakins. En fait, Eakins abolie de lui-même les frontières de la nudité entre le maître et son sujet d'une part, entre le professeur et l'élève ensuite. Il semble vouloir ériger le nu masculin en référence tout en donnant au final les mêmes droits au nu féminin. Cette proximité (ou promiscuité) entre le nu et les deux sexes n'est pas une volonté de banaliser le nu ou de le réduire à sa plus simple expression. Le nu est beau par définition : il est l'expression du corps, sa beauté, sa force. D'illeurs, Eakins écrit en septembre 1886 qu'il "ne voit rien d'impropre dans le fait d'observer la plus belle oeuvre de la Nature : un modèle nu" (Thomas Eakins par Darrel Sewell, Yale University Press, 2001). Sa préférence au genre masculin n'est dicté par aucune espèce de machisme. Il est simplement le nu de référence, sans aucun rejet pour la femme ou le nu féminin.
Une oeuvre de la photo à la peinture : The swimming hole (dates : 1883-1883-1884)
Etude du modèle de William Rush - Tableau final - William Rush sculptant une allégorie (1877)
Etude pour Arcadia (1883) - Arcadia (1883)
Mais en 1886, il perd subitement sa place de professeur pour avoir exposer des photographies de nus masculins à un public féminin lors d'un cours d'anatomie. Profondemment affecté par son renvoi, Eakins ne se consacre plus désormais qu'à une simple carrière de peintre portraitiste. Pourtant, jusqu'à sa mort, il va continuer à peindre des nus, masculins ou féminins, souvent au mépris des interdits de la société pennsylvanienne. Considéré encore de nos jours comme le plus grand artiste de l'Amérique moderne et contemporaine, Eakins s'éteint le 25 juin 1916. La renommée post-mortem de l'artiste américain va dès lors croissante. En novembre 2006, la Thomas Jefferson University autorise la vente du tableau The gross clinic auprès de la National Art Gallery de Washington. Le montant sera de 68 000 000 US dollars.
Thomas Eakins a épousé en 1884 Susan MacDowell (1851-1938), son ancienne élève, qui, elle-même, deviendra peintre.
De g. à d. : Crucifixion (1880) - Nu féminin (1884) - Salutat (1898)
De g. à d. : Les lutteurs (1899) - Détail de The Swimming Hole (Th. Eakins s'est représenté à gauche)
14 août 2008
NUS SPORTIFS #2
Icônes de leurs sports, objets de toutes les admirations, les sportifs n'hésitent plus à poser nus pour les plus grands photographes ou magazines. Extraits...
Bronwyn Mayer - Water polo (Australie)
Equipe australienne de softball (JO Sydney 2000)
Anke Scholz (Allemagne - Natation)
Annika Walter (Allemagne - Natation)
Claudia Prescan (Roumanie - JO Sydney 2000)
Corina Ungureanu (Roumanie - Gymnastique)
Katarina Witt (Etats Unis - Patinage Artistique)
Regina Stiefl (Allemagne - VTT)
Rechelle Hawkes (Australie - Hockey sur gazon)
Gabrielle Reece (Etats Unis - Volley Ball)
Nastja Ryshich (Russie - Saut à la perche)
Steffi Graf (Allemagne - Tennis)
Zhanna Pintusevic (Ukraine - Athlétisme)
02 août 2008
SPECIAL JEUX OLYMPIQUES
Série spéciale Jeux Olympiques réalisée à l'occasion des JO d'Athènes (2004).
30 juin 2008
DAVID LEBECK
Peu d'informations filtrent sur ce photographe américain, au travail d'une exceptionnelle qualité. Du "nu en surface" à l'intimité du nu, le modèle de Lebeck s'offre à l'oeil de l'artiste et du "lecteur-voyeur", sans pudeur mais sans outrecuidance non plus, dans une sorte d'abandon tout en retenu. La série de la salle de bains offre des clichés d'un délicat et délicieux, où les gestes "routiniers" de la toilette sont alors nimbés d'érotisme et de tendresse. Malgré le grain épais utilisé pour la photo, tout y est calme, douceur, silence et féminité.
A consommer sans modération...
Les photos utilisées sont toutes extraites du site www.davidlebeck.com
25 mai 2008
NUS SPORTIFS
Le sportif du XXIe siècle n'est plus uniquement un sportif de manière générale. Vecteur de communication, il devient un produit de marque mais s'adonne de plus en plus à la publicité. D'autres versent dans la mode. Et puis certains franchissent le pas et posent nus ou presque. C'est la vision glamour du sportif, une sorte de retour en arrière lorsque la nudité sportive (repensons aux statues d'athlètes de la Grèce Antique) est le modèle parfaite de la représentation humaine.
Morceaux choisis...
Amy Acuff, saut en hauteur (Etats Unis)
Anke Feller - Athlétisme (Allemagne)
Equipe Australienne Féminine de Soft-Ball
Kerry Pottharts - Beach Vollee (Australie)
Brandi Chastain (Etats Unis) - Championne du Monde de Football Féminin (1999)
Britta Becker (Allemagne)- Championnat d'Europe de Hockey sur gazon (1995)
Bronwyn Mayer (Australie) - Médaille d'Or de water-polo aux JO de Sydney (2000)
Corina Ungureanu (Roumanie) - Gymnastique
Francesca Piccinini (Italie) - Volley Ball
Haley Cope (Etats Unis) - Natation
Katarina Witt (Etats Unis) - Patinage Artistique
Susan Tiedke (Grande-Bretagne) - Athlétisme
Tatiana Grigorieva (Russie) - Saut à la perche
Freddy Ljunberg (Suède) - Football
16 mai 2008
SIMONE DE BEAUVOIR NUE : UNE PHOTO CONTROVERSEE
Simone de Beauvoir, égérie de la cause féminine, avocate du beau sexe et de sa liberté, avait fait parler d'elle par ses écrits et autres prises de position, mais aussi par le biais d'une photo très connue, très controversée également en son temps et même maintenant d'ailleurs.
Cette photo, prise en 1952 par le photographe Art Shay, a été le sujet d'une vive polémique, début janvier 2008, lorsque le Nouvel Obs en fit sa Une, tout en étant "accusé" de l'avoir retouché. Pour en avoir le coeur net, l'artiste lui-même a été interrogé. L'occasion d'en savoir un peu plus sur l'une des photos les plus fameuses de son temps...
Art Shay raconte. C'est Nelson Algren, amant de Simone de Beauvoir, qui lui avait demandé de trouver une douche pour Madame (ainsi que l'appelait Algren). Une amie du photographe céda amicalement sa salle de bains pour l'écrivain. Shay précise : "Vous devez comprendre que pour moi, Madame n'était pas une "institution" à cette époque, mais la maîtresse étrangère d'un ami... Donc je me trouvais là, stagiaire pour Life Magazine quand j'ai vu Beauvoir émerger du bain et se coiffer devant le miroir. J'ai rapidement pris deux ou trois clichés et elle a entendu le déclic. "Vous êtes un vilain garçon" a-t-elle dit, sans pour autant fermer la porte ni me demander d'arrêter de prendre des photos".
Art Shay raconte encore avoir oublié d'en envoyer un tirage Simone de Beauvoir. Quant à Algren, il semble qu'il ne fut même pas au courant de ces photos. Mais Shay termine son histoire en disant que tout cela était sans aucune importance, vu qu'il ne souhaitait pas les vendre. Dans les années cinquante, ce type de photos n'avait alors "aucune valeur marchande".
Le photographe joue sur les mots lorsqu'on lui dit que les féministes lui reprochent d'avoir "volé" ces photos. "Au sens strict, oui" reconnaît sans détour Art Shay. Mais l'icône des féministes n'a-t-elle pas également joué de son corps lorsque furent prises ces photos ? D'après les propos de Shay, de Beauvoir n'a-t-elle laissé faire au sens de la provocation ? Ou plus simplement dans l'acceptation pure et simple de sa nudité de femme libre ? Replacée dans son contexte, l'histoire de cette photo ne montre-t-elle pas (à l'évidence ?) que les féministes s'emportent parfois (souvent ) un peu trop vite..?













































































