A NAKED WORLD

01 septembre 2012

UN HAVRE NATURISTE AU COEUR DES VIGNES DU BORDELAIS

Seul du genre en Gironde, le domaine de Château Guiton, ouvert en 2001 à Frontenac, traduit une quête de simplicité et d'authenticité du naturisme, loin des grands centres d'accueil.

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Frontenac est plus connu pour son «Mystère» mauriacien que pour son camping naturiste. Celui-ci est pourtant un pionnier du genre, ouvert dans un domaine de 4 hectares au coeur du vignoble de l'Entre-deux-Mers, sur le site d'une ancienne propriété viticole du XVIIIe siècle. Un site comme il n'en existe qu'une dizaine en France, rassemblés en un réseau associatif, «Naturisme et terroirs» (1), qui résume l'état d'esprit du lieu: un désir d'authenticité au plus près de la nature et d'un patrimoine chargé d'histoire.

Château Guiton est un domaine discret qui ne se découvre qu'au bout d'un chemin cahoteux à l'écart du village: une belle bâtisse entourée d'arbres séculaires et de silence. Quelques tentes, caravanes et «chalets» dévoilent à travers les frondaisons des marronniers et acacias la modestie de ce jardin d'Eden tel que l'ont voulu ses deux créatrices, Marie-Ange Daudé et Isabelle Gadaud. Un jardin que les deux amies, naturistes depuis 1984, ont façonné au fil du temps après l'avoir découvert en 1998 un peu par hasard: «Sur une annonce avec une toute petite photo, se souvient Marie-Ange Daudé. On l'a visité un jour de février. Les volets étaient tout gris, il y avait des ronces et des orties partout. Mais nous, on a juste fait "ouhaou"! On avait listé une série de critères. Guiton les remplissait tous.»

L'anti-Montalivet

La Gironde est connue pour héberger le plus ancien et le plus vaste camp naturiste d'Europe, à Vendays-Montalivet, sur la côte atlantique. Un centre héliomarin avec 10 000 vacanciers, équipé de 26 commerces de toutes gammes. Guiton, c'est l'anti-Montalivet: 30 emplacements et 6 logements locatifs composent le camping 3 étoiles du domaine qui héberge bon an mal an 200 à 300 estivants. Et pas la moindre supérette. Les clients font leurs courses à l'extérieur. «On voulait y développer nos propres goûts», confie Marie-Ange Daudé dont les créations de plasticienne apportent au site une touche artistique originale. Une galerie d'art bordée de ceps de vigne et de plantes arbustives, faisant aussi office de café, accueille sur fond de musique discrète une clientèle européenne de Hollandais, Belges, Anglais et Français - «Mais peu d'Allemands, ils préfèrent la plage», avoue Marie-Ange Daudé - venus trouver ici liberté, indépendance et convivialité.

Ainsi que, spécificité de Guiton, la possibilité de pratiquer un tourisme culturel dans un Entre-deux-Mers au patrimoine historique particulièrement riche. «Ce qu'on aime, c'est le cadre, confient Didier et Anne-Marie, un couple de Vannes en Bretagne venu passer quinze jours dans le domaine. Il y a une âme ici, c'est herboré, ombragé, calme. On se balade, il y a beaucoup de choses à voir.» De l'abbaye de la Sauve au château de Rauzan, de Créon à Sauveterre, la région se découvre depuis Guiton à vélo ou lors de circuits de rando dans le plus simple appareil. Mais avec, dans le sac à dos, toujours de quoi se rhabiller au moment opportun.

Source et photo : La Charente Libre

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29 août 2012

A ERDEVEN, NUS DANS LE JARDIN D'EDEN...

Dans ce village du Morbihan, "culs-nuls" et "textiles" cohabitent paisiblement. L'office de tourisme s'en réjouit. 

par Julien Descalles, envoyé spécial à Erdeven (Morbihan) - Le Journal du Dimanche

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La recette du bonheur est parfois très simple. "C’est tellement agréable de ne pas faire la queue aux douches, en attendant que les uns se déshabillent et que les autres se rhabillent…" Tombés sous le charme de la douche non cloisonnée, façon vestiaire sportif, Greta et Jürgen font la route depuis la Bavière jusqu’au littoral morbihannais depuis quinze ans. Sitôt débarqués, ils tombent le haut et le bas pour fêter leurs retrouvailles avec ce coin de paradis. A l’abri des pins et de rares feuillus, les quelque cinquante résidents du camping de la Pinède, à Erdeven, abandonnent leur pudibonderie en même temps que leurs habits. Car en territoire naturiste, la tenue d’Eve est évidemment de rigueur.

"Ce sont très majoritairement des couples, et quelques familles", recense-t-on à l’accueil. A l’abri derrière la palissade, tous profitent de ces cinq hectares conquis de haute lutte dans les années 1970. Comme tout éden, le camping – propriété du Club naturiste de Bretagne-Sud (CNBS) – revendique sa mythologie, ses épopées et ses moments de bravoure. Et sa liberté chèrement acquise. « Au cœur du pays chouan, il y a bien eu quelques heurts. » L’euphémisme amuse Guy, enseignant à la retraite, venu en voisin du Finistère. Mémoire vivante des lieux, Louise*, 83 ans, dont 43 dédiés au naturisme, raconte: "On a débarqué sur la plage de Kerminihy [à 7 km du camping] le 8 juin 1969. Et pendant des années, ça a été une opposition “culs-nuls” contre “textiles”. Le maire envoyait les gendarmes, tandis que certains paysans épandaient du lisier sur le sable. Sans le nucléaire, ça aurait pu durer longtemps."

"Oui aux tétons, non aux neutrons!"

L’armistice a été signé en 1975 à la faveur des velléités d’EDF d’installer une centrale nucléaire dans les environs. Faisant front commun contre le projet, naturistes et "textiles" ont battu le pavé au rythme d’un slogan évocateur: "Oui aux tétons, non aux neutrons!" Une mobilisation payante car le projet a finalement été abandonné. Et le tabou de la nudité est tombé. "Aujourd’hui, les commerçants sont ravis, à la vue du nombre de touristes hollandais, allemands, anglais et français qu’on leur amène", souligne Louise. En témoigne l’office de tourisme d’Erdeven, qui a fait de sa plage naturiste l’un de ses arguments chocs.

Sur la plage justement, les adeptes du Bikini se mêlent allégrement aux amateurs du bronzage intégral. Fini l’époque du "boulevard des voyeurs", surnom donné au chemin longeant les dunes. Les "textiles" ont constaté que nudité et pudeur faisaient bon ménage. "Il y a un code de moralité à respecter lorsque l’on entre au camping", rappelle Jean-Claude, premier célibataire à avoir été accepté derrière les palissades, voilà trente-trois ans. "C’est ce respect qui m’a converti au naturisme, témoigne cet employé municipal de Vannes. J’avais 19 ans quand j’ai suivi des amis. Un peu gêné, j’ai enlevé mes vêtements et foncé dans l’eau!" De retour sur la plage, il constate que personne ne fait attention à lui. "Cela semblait naturel. Et puis une fois déshabillé, il est difficile d’enfiler à nouveau un maillot de bain."

Jean-Claude, à l’instar de ces irréductibles d’Armorique, n’est-il jamais tenté par le climat plus accueillant des grands centres du Sud? "On vient chercher autre chose ici." Louise, qui reste trois mois par an à Erdeven, ne pourrait manquer sa partie de boules journalière. "Je retrouve une famille, ici." Habillé d’une casquette et d’une paire de lunettes de soleil, Guy s’improvise porte-parole. "Jamais un bruit, jamais un esclandre. Vous avez vu un papier par terre?" Chacun met la main à la pâte pour tailler une haie, repeindre les douches ou laver la vaisselle. Et Patrick, vingt ans de CNBS au compteur, de glousser: "Pour le linge, on n’est pas très salissant."

*Le prénom a été modifié

Source (texte + photo) : Le Journal du Dimanche (www.jdd.fr)

 

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25 août 2012

PLUS ON EST NU, PLUS ON RIT...

Le quotidien Sud-Ouest s'est intéressé au Domaine Laborde, camping naturiste près de Monflanquin, dans le Lot-et-Garonne :

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Personne n'avait de laisse attachée au cou la semaine dernière au camping naturiste de Laborde. Pas de couples enlacés dans des positions scabreuses non plus. Bref, loin des clichés d'un camping naturiste synonyme de débauche, la soirée du camping de Laborde était parfaitement tranquille. « Tous les campings naturistes ne ressemblent pas à celui du Cap d'Agde », rappelle Hans, le fils du gérant. « Ici, il n'y a pas de sexe en public ni de scènes obscènes. On vit nu parce qu'on aime ça ! L'esprit du naturisme n'a rien à voir avec l'exhibitionnisme ou l'échangisme », ajoute Kees, le père d'Hans et fondateur du camping.

Un havre de paix

De fait, la soirée est plutôt calme. Paradoxalement, la plupart des campeurs sont habillés. Pas plus d'un paréo ou d'un short, sans sous-vêtements bien entendu, mais tout de même habillés. « Je ne sais pas si c'est parce que je suis encore un jeune naturiste, mais quand je vais au restaurant du camping ou quand je vais faire mes courses, ou encore pour les soirées, je préfère être un minimum habillé. C'est une forme de respect », confie Claude, 49 ans, chef d'entreprise et naturiste depuis trois ans. « Si j'y suis venu avec mon épouse, ce n'est pas pour la réputation sulfureuse que cela pouvait avoir, mais juste parce que je ne voulais pas mourir idiot. Je voulais tester. Et franchement, c'est extraordinaire. »

Le propos revient d'ailleurs assez souvent dans la bouche des campeurs. Ils décrivent le camping naturiste comme un havre de paix, où les gens qui s'y retrouvent sont plus solidaires les uns des autres qu'ailleurs. « C'est beaucoup plus convivial, beaucoup plus agréable que tous les campings "textiles" que nous avons pu faire avant », estime Claude. D'après lui et quelques autres, la nudité permet aussi de niveler les différences sociales et d'accepter les gens tels qu'ils sont.

Être une femme libérée

Pour Marie et Antoine (1), encore novices en matière de naturisme, être nu est une véritable délivrance. Lui, est cadre dans une grande entreprise, toujours en costume et chemise blanche. Elle, est une jolie femme qui se sent perpétuellement « regardée par des regards parfois avides ». Au camping de Laborde, ils ont trouvé leur petit coin de paradis. « En tant que femme, je me sens beaucoup plus respectée que dans un endroit "normal" où je porterais des vêtements », explique Marie. « J'aime le naturisme parce que c'est hyper-reposant. Ici, tout le monde est nu alors personne ne jette de regards irrespectueux. »

Le couple a donc décidé de profiter d'une de leur dernière soirée au camping. Ils dansent nus sur la petite scène devant les musiciens sans aucun complexe… ou presque. « Paradoxalement, ce qui est étrange, c'est qu'on se sent presque intimidés à l'idée de danser nu devant tout le monde comme ça », rapporte Antoine. « On est nus toute la journée mais là, il y a quelque chose qui change. Monter sur scène et faire face au public, c'est déjà difficile quand on est habillé, alors "à poil", c'est encore plus compliqué. »

Sa compagne, elle, est plus radicale. « Moi, j'adore danser, nue ou habillée, mais quand je suis nue je me sens plus libre. Je ne cherche pas à séduire par la danse et je ne sens pas de regards sur moi. De toute façon je suis nue, il n'y a plus rien à déshabiller du regard. Il n'y a que là que je me sens vraiment comme une femme libérée », conclut-elle sur un petit rire.

(1) Les prénoms ont été modifiés.

 

Source : http://www.sudouest.fr/2012/08/25/plus-on-est-nu-plus-on-rit-803177-3603.php

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22 août 2012

UN HOMME NU SUR LE SITE INTERNET DE "LA REDOUTE"...

C'est une sacrée "coquille" (pour reprendre le jargon typographique) qui s'est malencontreusement glissée sur le site internet du célèbre fournisseur La Redoute en janvier dernier. Sur une photo pour des tee-shirts pour enfants, quatre bambins espiègles font les pitres sur une plage. Jusque-là, rien de bien extraordinaire... Si ce n'est l'arrière-plan, à droite pour être plus précis. Un baigneur sort de l'eau, entièrement nu !!!

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Ce "fail" (dans le jargon internet, maintenant)  provoque stupeurs et tremblements sur la toile et les réseaux sociaux :

"Un tweet attire l'attention de la rédaction de Stratégies. Il renvoie vers une photo du catalogue en ligne de La Redoute avec des enfants posant en  T-shirt d'été et en arrière-plan, un homme nu sortant de la mer. Twitter s'affole...

Il y a ceux qui en sourient mais la plupart des commentaires s'étonnent qu'une telle prise de vue ait été possible et qu'elle ait pu être diffusée sur le site du Vpéciste. Le shooting a-t-il eu lieu sur une plage de naturistes ? Est-ce un montage et donc un canular interne? Telle est la teneur des principales réactions. 

Nurun, l'agence digitale de La Redoute qui ne gère pas le catalogue en ligne, prévient son client vers midi, en l'espèce Gwenola Toutlemonde, responsable social media, Véronique Baylac, directrice du e-commerce et Mikael Pinson, responsable e-CRM.

A 13h, La Redoute réagit avec un  tweet d'excuses indiquant que la photo est en cours de retrait. Un premier communiqué est diffusé sur sa page Facebook à 13h30 que nous reproduisons ci-dessous.

«La Redoute vous présente ses excuses pour la photo publiée sur son site et fait le nécessaire pour la supprimer.Nous avons pris le parti de supprimer l'ensemble des posts incluant cette photo. Nous sommes conscients que celle-ci puisse heurter la sensibilité des internautes. Nous allons renforcer le processus de validation de l'ensemble des communications de la marque pour que cela ne puisse se reproduire à l'avenir.»

Sur Twitter, le buzz continue. La plupart des «tweetos» ne semblent pas avoir vu ou ne pas tenir compte de l'intervention de La Redoute qui ne devrait pas manquer de fournir de plus amples explications à un tel «fail».

Un peu plus de deux heures après le début de la crise et d'une heure après la première réaction de La Redoute, la photo était retirée."

On appelle cela aussi un "buzz" dans le jargon Internet !!!!

Source : Stratégies.fr

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08 août 2012

FEMEN : Les militantes aux seins nus recrutent à Paris

Les féministes activistes des Femen sont célèbres pour leurs actions provocatrices. Safia Lebdi, conseillère régionale d'Ile-de-France, raconte son expérience et son prochain objectif : installer un camp d'entrainement à Paris.

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"On était quatre. Mais les policiers en face de nous étaient une centaine. On a à peine eu le temps de sortir nos pancartes qu'on était déjà par terre". Devant l'hôtel de ville de Londres, Safia Lebdi, en shorty et torse nu, est fermement ceinturée, mise à terre puis menottée. Direction le commissariat où elle passera 12 heures en garde-à-vue. Reconnue coupable de troubles à l'ordre public et d'appel à la haine, l'activiste est désormais interdite de manifestation en Angleterre.

"Il faut être formée"

Cela fait maintenant plusieurs mois que Safia Lebdi également conseillère régionale d'Ile-de-France et cofondatrice de Ni putes ni soumises, fait partie de la très médiatique organisation des Femen, ces féministes connues pour leurs happenings topless à travers l'Europe. Dans le viseur des jeunes femmes ce vendredi 3 août : la décision du CIO d'autoriser une judokate à concourir voilée. "Le CIO a ouvert une brèche énorme en acceptant une femme voilée alors que la charte olympique interdit les signes religieux", explique l'élue. Aux cris de "No charia" et "honte olympique", elle a défilé avec trois autres jeunes femmes au bord de la Tamise avant d'être arrêtée.

Les actions coups de poing des Femen sont désormais désormais bien connues des médias et du grand public. Un peu partout, des brigades se montent pour dénoncer la condition des femmes. Un engouement qui a besoin d'être structuré. Prochaine étape : l'ouverture d'un camp d'entraînement pour amazones du monde entier, à Paris. "On peut vivre des choses très dures : courses-poursuites, garde-à-vues,  violences policière, etc. Pour mener ce genre d'action, il faut être formée, psychologiquement et physiquement, explique Safia Lebdi. Chaque action nécessite un mois de préparation, de repérages."

Une trentaine de membres en France

Le choix de Paris s'est fait naturellement. "On ne peut pas ouvrir un camp dans un pays où les filles risquent la prison, explique Safia Lebni. Avec un réseau déjà très développé, la France nous paraissait l'endroit idéal". Une décision saluée par les autres associations féministes. Pour Magali de Haas, porte-parole d'Osez le Féminisme, "plus on est nombreuses, mieux c'est. On a rencontré les Femen lors de leur dernier passage à Paris et ça s'est très bien passé". Même si la militante reste vigilante. "Elle donnent une visibilité très forte au féminisme, relativise Magali de Haas. Il faut faire attention à ce que leurs discours derrière soit aussi entendu".

Safia Lebdi, qui, à 39 ans, est mère de deux enfants, affirme avoir déjà une trentaine de Femen françaises, prêtes à l'action. En Ukraine, une activiste est toujours détenue pour avoir sauté sur patriarche de l'Eglise orthodoxe russe, à sa descente de l'avion, à Kiev. Elle protestait contre l'incarcération des Pussy Riot à Moscou.

Source : Métro France

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01 août 2012

MONTALIVET : LE NATURISME A TOUT AGE...

A "Monta", la nudité se porte à tout âge...

Par Claudia Courtois, envoyée spéciale à Vendays-Montalivet (Gironde)

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Frère Paul (nom d'emprunt), 80 ans, l'un des plus fidèles naturistes de Montalivet (Photo Le Monde)

La saison estivale bat son plein au Centre héliomarin de Montalivet (CHM). Le plus ancien centre naturiste au monde n'a cessé de grandir depuis sa création, en 1951. Sur la commune de Vendays-Montalivet, à 80 kilomètres au nord-ouest de Bordeaux, 175 hectares accueillent désormais de 11 000 à 15 000 vacanciers selon les années.

On est loin des trois bungalows et des quelques couples allemands et français des origines. Les affres du temps n'ont pas marqué les installations. Au contraire : supermarché, commerces, discothèque, électricité dans les bungalows, télévision et même machine à laver signent une évolution vers le consumérisme et "la perte de certaines valeurs" que les anciens n'apprécient guère.

Malgré tout, Pierrette Leurion, 87 ans dont quarante-cinq ans de CHM, se fait l'écho d'un sentiment partagé par beaucoup d'autres de sa génération : "On viendra ici jusqu'à ce que mort s'en suive."

Les naturistes de "Monta" passent quinze jours, un mois, parfois tout l'été entre bungalow, caravane, tente et mobil-home. Ici, pas de fantasme sur la nudité : elle s'affiche mais ne se revendique jamais. Ne s'érotise pas non plus. "Dites bien que ça n'est pas le cap d'Agde ici et que la nudité n'a rien à voir avec la sexualité ", lâchent des habitués.

A leurs corps défendant, les personnes âgées, parfois très âgées, en sont la preuve, du moins le témoignage tangible, parfois brutal, de l'effet du temps débarrassant le moindre désir charnel pour ne laisser émerger que la personnalité, le mécanisme intraitable des années qui passent, et les interrogations. Sans vêtement ni tabou, la démarche hésitante, avec une canne ou le dos courbé, ils vivent dans l'esprit originel du naturisme : en lien avec la nature, dans le respect de l'autre, la simplicité et la sobriété.

"ASSUMER SON CORPS TEL QU'IL EST"

"Les personnes âgées sont simplement acceptées car le naturisme participe à assumer son corps tel qu'il est. Le rapport à la vieillesse est plutôt généreux, assure Paul Réthoré, 65 ans, qui est président de la Fédération française de naturisme, propriétaire depuis peu, avec sa femme, d'un bungalow. Les plus jeunes, eux, voient qu'on peut être vieux et plein de vie ", poursuit-il.

Claude Dervillé, 26 ans, beau corps souple, finement musclé et ambré - elle est danseuse professionnelle -, croise ainsi souvent ces vieilles personnes depuis son enfance passée chaque été à "Monta" : "La vieillesse, même si cela me fait peur par rapport à mon métier, est moins dramatique ici. Il y a un truc de l'esprit qui fait que le corps est bien, quel que soit son âge."

Son frère Théo, 22 ans, yeux clairs et peau d'ocre comme sa soeur, acquiesce. "On discute facilement avec eux, mais s'il n'y avait pas le naturisme, on ne se parlerait pas ", reconnaît l'aînée. Sa copine, Suzanne Housset, 19 ans, paréo jaune autour de la taille, elle aussi enfant du CHM, dédramatise : "Quand on ne voit pas vraiment le corps, on a tendance à s'imaginer le pire alors que ce n'est pas trop moche. En tout cas, ça ne m'a pas traumatisée !"

Tous les trois connaissent bien le Frère Paul - un prénom d'emprunt car il ne veut "choquer personne". "Je comprends la réticence [au sein de la communauté chrétienne] car on voit dans le naturisme une nudité pornographique alors que cela n'a rien à voir ", assure ce docteur en théologie. A 80 ans, le prêtre force l'admiration. Un homme des origines du CHM, arrivé en 1952. Il a alors 19 ans et dort sous la tente : "Je suis un naturiste devenu prêtre et si ici, je ne l'ai jamais revendiqué, je ne l'ai jamais caché non plus."

RESPECT DE L'AUTRE ET DE LA NATURE

Soixante ans plus tard, sa peau d'ambre est tannée comme du vieux cuir, cernée comme la souche d'un arbre centenaire. Son corps sec de 47 kg est voûté par l'épreuve du temps, son ascétisme assumé et les accidents. Sa grande barbe broussailleuse éclaire un visage anguleux et des yeux vert ruisseau. Ses longs cheveux gris ondulent toujours sur sa tête, son unique fantaisie naturelle. Le tout lui donne des airs de Sikh indien qui lui vaut un tas de références : "Père Noël", "Papi", "Gandhi" ou encore "saint François d'Assise".

Personne n'est indifférent devant cet homme posé, plissé, porté, à la démarche digne et alerte malgré sa canne en bois. Frère Paul conçoit le naturisme "comme un des éléments de sa démarche spirituelle et de l'écologie, dans le respect de l'autre et de la nature, en toute simplicité et sobriété".

Chaque matin, "présent de 9 heures à 13 heures, sauf dimanche", comme l'indique un vieux carton posé sur une table pliante à l'entrée de son bungalow, il reçoit du monde, des amis, des âmes perdues et des confessions. Chaque soir, cet adepte de la méditation célèbre la messe, en toute discrétion - et "habillé évidemment" - ici ou dans d'autres bungalows. Pour lui, "une vieille personne n'a pas peur d'être là ni une future mère avec son gros ventre, car on ne cherche pas à se faire valoir. On est comme on est."

Ce compagnon de route de Théodore Monod, proche de Louis Massignon et ami du père de Foucauld "remercie le Seigneur de voir de belles femmes nues dans une approche spirituelle du corps". Une approche spirituelle "prudente quand même car, poursuit ce partenaire de discussion de Sartre et de Camus, il faut être honnête : j'aurais été dans un lit avec une femme, peut-être, peut-être... Je ne suis pas un saint ", avoue-il, dans un doux sourire pour clore cette conversation devenue trop intrusive.

A 101 ANS, ELLE EST TOUJOURS LÀ

L'homme de foi ne passe pas une journée sans emprunter chemins et raccourcis entre bungalows, pins et sable, pour retrouver Christiane Lecocq, autre personne illustre du CHM. Illustre par son âge - 101 ans - et par son histoire : elle est la veuve du fondateur du centre héliomarin, de l'une des premières associations naturistes - Le Club du soleil en 1945 -, et de la Fédération nationale puis internationale du naturisme. Rien que ça. Pour les plus anciens, c'est un "mythe", une "icône". Pour les plus jeunes qui ne la connaissent pas, c'est une intrigue, une vieille dame à la peau tachetée, parfois bousculée au supermarché du centre.

Même seule - son mari Albert Lecocq est mort en 1969 -, Christiane revient chaque été dans son bungalow rouge et blanc, un des plus anciens du centre, face au chemin d'asphalte qui mène aux thermes. Tant pis si elle ne peut plus aller se baigner. Elle reste dans son bungalow avec vue sur la vie qui défile sous ses yeux, mais sans électricité, un choix de vie pour les plus anciens qui n'en n'ont jamais eu et n'en veulent surtout pas. Mais elle, au contraire, à son âge, moins mobile, aimerait bien "juste avoir la lumière : moi qui me suis toujours couchée à 1 ou 2 heures du matin, j'ai du mal à dormir quand la nuit arrive".

A pied ou à vélo, beaucoup la saluent avec respect. Des anciens mais aussi quelques jeunes à qui on a dû raconter son histoire à laquelle ils doivent tant aujourd'hui. Elle, souvent assise derrière sa table recouverte d'une nappe en lino blanc, renvoie le bonjour, parfois sans savoir à qui elle l'adresse. Telle une reine Elizabeth, en beaucoup moins solennel et dans son plus simple appareil. "Je ne sais pas ce qu'ils pensent de cette dame assise qui n'est pas belle, s'interroge la centenaire dont la peau ressemble, à certains endroits, à une terre d'argile asséchée et craquelée. Pour moi, ça n'est pas embêtant d'être vieux et naturiste mais plutôt que d'avoir les honneurs dus à mon âge, j'aimerais bien avoir vingt ans de moins ", lâche-t-elle lucide, l'oeil toujours bleu et malicieux.

Il est l'heure pour sa voisine et amie, Bernadette - la sexagénaire a longtemps travaillé pour la belle-soeur de Mme Lecocq - de lui apporter son dîner. Comme elle lui porte café et déjeuner, chaque jour, tout l'été. "Elle m'a tellement donné de bonheur que je ne me vois pas faire autrement ", dit-elle simplement. Et que pense-t-elle de son âge avancé et de son corps affaibli ? "On retrouve ici la continuité des questionnements de la société : il y a de l'admiration, un peu plus d'acceptation peut-être, mais de l'inquiétude aussi. En fait, ici ou ailleurs, les gens ont peur de la vieillesse."

Source : www.lemonde.fr

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28 juillet 2012

RANDONNUES EN BELGIQUE : UN SUCCES QUI VA CROISSANT...

Des Belges organisent depuis avril des balades dans le plus simple appareil. Encadrées, ces « randonnues » séduisent une nouvelle génération de naturistes.

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11 heures. Le rendez-vous est fixé à l’orée d’un bois, au carrefour de deux chemins de terre, au cœur de la province belge de Luxembourg. Quelques voitures stationnées, en contrebas, un camp de scouts. Le soleil brille.

Trois hommes, vêtus en tout et pour tout d’un sac à dos et de baskets sortent timidement de derrière un arbre et avancent de quelques pas. Soudain, ils s’affolent et se précipitent derrière une voiture pour enfiler un short, alors que des promeneurs approchent. Trop tard, les deux hommes leur lancent :

« Vous n’avez pas honte ? Rhabillez- vous ! »

Visiblement habitués à cette réaction, les trois naturistes laissent passer les promeneurs mécontents, sortent de leur cachette et s’approchent de moi :

« Bienvenue aux “randonnues”, Paul va arriver. »

Paul, 53 ans est le fondateur et le président de l’association Naturlux et détenteur « malgré lui » du monopole de la randonnée naturiste en Belgique. Informé de l’incident, il nous assure :

« Nous faisons le maximum pour éviter de rencontrer nos amis “textiles” [non-naturistes, ndlr]. »

Un dispositif d’éclaireurs est systématiquement mis en place pour baliser la randonnée. Un premier éclaireur précède le groupe tandis qu’un second ferme la marche, formant une bulle pour éviter les rencontres fortuites. Les deux éclaireurs sont ainsi en contact avec le groupe durant tout le trajet grâce à des talkies-walkies. Paul explique :

« Il est très important pour nous naturistes de respecter les “textiles” et de ne pas les importuner, même si on ne comprend pas toujours ce qui les choque dans notre démarche. »

Initié par sa famille adoptive, Paul est naturiste depuis toujours. Il a partagé ce mode de vie avec sa femme, puis ses enfants. Déçu par ses expériences en club et par une trop grande « rigidité intellectuelle » des membres, il décide rapidement de sortir de cette logique qui correspond, selon lui, à l’ancienne garde :

« Ces gens-là refusaient les tatouages, les piercings et même les couples homosexuels. Ici, tout le monde est libre. »

Après un premier club en 1994, Paul fonde l’association Naturlux en 2009. Il veut défendre une vision originale, moderne du naturisme et décide de mettre sa passion au service de ses problèmes de santé.

Diabétique et insulino-dépendant, il doit faire de l’exercice régulièrement. Alors, tous les dimanches, il regroupe amis et connaissances naturistes via son site internet pour les balades. Les randonnues étaient nées.

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11h30. La petite dizaine de randonneurs se met en marche après que la seule femme de la journée a rejoint le groupe. Anissa, 27 ans, assure le rôle de « speakerine ». C’est elle qui annonce, via de petites vidéos postées sur le site, le lieu de rendez-vous et l’itinéraire de la prochaine randonnue ou le nécessaire du parfait naturiste. Elle va par exemple rappeler à tous de garder à portée de main un vêtement rapide à enfiler, si une rencontre avec des « textiles » devait se produire.

 

rôle est également de rassurer les femmes qui auraient envie de s’essayer aux randos mais qui hésitent, de peur de se retrouver au milieu d’une horde de mâles à poil. Pourtant, Paul explique que ces dames se font rares dans les randonnues :

« C’est une majorité d’hommes qui participent aux balades. Les femmes sont souvent rebutées par la distance à parcourir ou la température en forêt. Généralement, dans le naturisme, les femmes sont cantonnées à la bronzette et délaissent les activités sportives. »

Le naturiste se met alors en marche, fier dans les baskets et nu comme un ver. Il regarde son voisin dans les yeux (et pas en dessous) et profite de la nature qui l’entoure.

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Naturiste, dans le dos de sa femme

Parmi les participants, le penchant naturiste se résume simplement dans le bien-être et le plaisir de profiter pleinement de son corps. Pour l’un d’entre eux, se retrouver nu, c’est se retrouver physiquement et spirituellement :

« La nudité est la condition première, la plus naturelle par définition, l’habillage est culturel et résulte du climat. C’est un plaisir de se retrouver nu et de le partager en commun. »

Etrangement, beaucoup avouent ne se mettre nu seul que très rarement.

Jacques, 78 ans est venu de Namur pour sa première randonnue. Naturiste depuis l’âge de 20 ans, il avoue avoir pratiqué sa passion pendant des années dans le dos de sa femme, fermement opposée à l’idée. Aujourd’hui, il est venu « décompresser » après une semaine de travail :

« Je me sens bien ici, c’est un excellent remède contre le stress. Ce qui est génial c’est que tout le monde est au même niveau, on ne juge pas et on ne demande pas si celui devant soi est SDF ou milliardaire. »

Georges, naturiste convaincu, avoue que « le premier baissé de culotte est le plus difficile, après on n’y pense plus. Puis on se prend au jeu et on revient la semaine suivante ».

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Pendant la pause déjeuner, chacun sort son sandwich et essaye de trouver pour ses fesses nues un emplacement propice. Paul profite de l’occasion pour motiver ses troupes et explique sa volonté farouche de défendre le naturisme et de véhiculer une image positive de sa pratique. Il se remémore plusieurs de ses expériences au Cap d’Agde (Hérault) et dénonce les dérives du haut-lieu du naturisme français :

« Au Cap d’Agde, on se balade avec ses enfants et au détour d’un parking, on peut voir un type en train de se faire sa femme (ou celle d’un autre) sur le capot d’une bagnole. Nous sommes évidemment pour le respect des enfants et des “textiles”. Le naturiste n’est pas un obsédé sexuel. »

Pour éviter tout problème, Paul va systématiquement prévenir les bourgmestres (maires) des communes traversées, ainsi que la police et la Direction nationale des forêts, alors que la loi ne l’y oblige pas.

Soudain, dans le calme d’un sous-bois, la radio se met à crépiter. L’éclaireur annonce l’arrivée de « textiles » sur le chemin. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, les shorts sont sortis des sacs et enfilés à la hâte. Ni vu, ni connu, le petit groupe croise ses congénères puis reprend sa route.

Source : Rue89 / Le Nouvel Observateur
Photos : Sébastien Leban (Rue89)

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25 juillet 2012

"NUS & CULOTTES" : ANW A CARREMENT ADORE !!!

Il est rare qu'ANW s'enflamme pour un sujet en particulier. Mais là, cela en vaut largement la chandelle.

Ne manquez sous aucun prétexte la nouvelle série « Nus & Cullotés » diffusée à partir du 26 juillet, à 20h35, sur France 5 (6 épisodes de 52 mn).  Le pitch: Deux voyageurs intrépides, Nans et Mouts, se lancent dans une expérience : est-il possible de repartir de zéro en pleine nature, sans vêtement ni même un sou, pour ensuite réaliser un rêve grâce à l’échange, au troc et à la générosité des personnes rencontrées ?


À l’aide de deux caméras baluchon sur l’épaule et d’une caméra au poing, ils partagent leurs périples improbables et rocambolesques utilisant toutes sortes de techniques ludiques pour voyager mieux avec moins. En bref, des aventures épiques avec une dimension profondément humaine.

 


Nus & Culottés - Teaser par BonnePioche

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21 juillet 2012

PORT FOLIO #25

Et de bonnes vacances à tous ! Have some nice holidays to everybody !

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05 juillet 2012

FRANCE : LES ADEPTES DU NATURISME AUGMENTENT...

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Fin »